OliveM

OliveM
Poil à Gratter pour démanger

lundi 12 septembre 2011

Françafrique : MALLETTES DE DROITE, mallettes de gauche...

Message transmis au PS et à France-Inter, le 12/9/2011
===========================================

Bonjour,

J'ai écouté (parfois avec intérêt) Benoit Hamon ce matin sur les ondes d'Inter (12/09).

Je souscris à certains choses entendues, comme par exemple le soucis de percevoir différemment les "arbitrages" entre rémunération du capital et rémunération du facteur travail (ce qui conduit à un autre mode de partage de la valeur ajoutée).

Toutefois, une parenthèse relative aux histoires de "politique des malettes" telles que mises en exergue par les tous derniers développements de l'actualité (JDD - Bourgui, Chiraquie, Sarkozie & Cie). Même si ces histoires sont un peu collatérales.

On sait bien que la "droite" est aux premières loges, sur ce terrain glissant.
Pas la peine d'épiloguer.
Cependant, je pense que dans ce registre ça serait bien de rester prudent.
Car si la droite est et a toujours été "en pointe" dans les magouilles à la sauce "Françafrique", la gauche n'a pas pour autant toujours lavé très blanc, en matière d'Afrique Noire(...). C'est malheureux à dire, mais c'est comme ça.

Inutile je pense de rappeler les "exploits" passés d'un certain "JC.Mitterrand" (surnommé à l'époque "Papa m'a dit" dans certaines capitales Africaines - ce qui reste quand même, historiquement, un tour de force (...). Inutile de trop palabrer (si je puis m'exprimer ainsi en matière d'Afrique !) sur les "petits soucis" en justice que lui valurent les "exploits" en question.

L'intéressé ne fut d'ailleurs pas en situation de monopole, à ce rayon-là.
On pourrait aussi évoquer les "exploits" d'un certain Roland Dumas, à l'époque grand ami de Tonton s'il en fut et ex-Ministre des Affaires Etranges Etrangères (excusez du peu).
On pourrait enfin avancer l'hypothèse assez peu hasardeuse selon laquelle un "Guy Penne" n'avait en fait pas grand-chose à envier à un "Foccard", par certains aspects (...).
Il suffit pour s'en convaincre de lire (voire relire) certains (excellents) ouvrages du dénommé FX.Vershave (voir aussi http://survie.org/francafrique/?lang=fr), pour tout ce qui a trait à la dite "FrançAfrique".

Certes, on sait bien que les Africo-magouilles de droite ont été bien plus "copieuses" et bien plus "récurrentes" que les Africo-magouilles de gauche.
Et il est certes admis que les fameuses "malettes Africaines" ont bien plus contribué au financement des partis de droite quà celui des partis de gauche.

Pour autant, personne n'est vraiment très franc du collier sur ce terrain-là, et tout le monde y a plus ou moins trempé son biscuit (même si c'est à des degrés divers).

Flash back un peu lointain : on se souvient encore (en tous cas c'est mon cas) de la démission d'un certain JP. Cot du "Ministère de la Coopération", fin 1982 [voir aussi http://www.pressafrique.com/m944.html ]. A l'époque (i.e âge d'or) où certaines personnes (dont je suis) espéraient encore que l'arrivée de la gauche aux affaires conduirait à un réel changement de politique de la France vis à vis de tout ce qui est "pays du Tiers Monde" en général, et pays Africains en particulier (dans la série : "l'Espoir fait vivre !"...). La démission de JP.Cot ne fut pas anodine (doux euphémisme) : en voilà au moins un qui avait eu le nez creux, et qui, surtout, avait des principes bien arrêtés en la matière.

Alors de grâce, Monsieur Hamon, s'il vous plait : il faut sans doute un tant soit peu be-carefuller, sur ce genre de terrain des "malettes Africaines".
Parenthèse perfide : surtout, d'une certaine manière et par les temps qui courrent, quand on voit ce qui se passe "en interne" - à un chapitre certes distinct - dans le 13 (*) ou dans le 34 (...) . Petit clin d'oeil taquin pour conclure, au risque de sembler faire dans un curieux mélange des genres : j'espère qu'on ne découvrira pas que les deux frangins Guérini ont eux aussi fricotté avec un Bongo, un Gbagbo ou un Compaore :->...

Bien à vous,
Olivier Montel
ex-coopérant au Burkina,
natif de Centrafrique,
et paternel d'un jeune siégeant à Sciences Po Paris et inscrit au Campus "Afrique" de son IEP

[je précise car j'en suis plutôt fiérot :-)]
---------------------------------
Cc : France Inter, PS, Coopol
Mis en ligne sur http://humeurs-olivem.blogspot.com/

(*) tous comptes faits, je pense que j'irai finalement voter Montebourg à vos primaires , si vous voyez ce que je veux dire... Du moins si je finis par comprendre où il faut aller pour ces festivités votationnesques, car à mon humble avis c'est pas gagné ! :-)

lundi 5 septembre 2011

Monsieur Copé frustré par le retour du satire de Manhattan (alias DSK)







Courriel parachuté ce 5/9 à Monsieur Copé, grand ordonnateur en chef de la clique UMP
=============================>


Cher Monsieur Copé,

On lit ce matin du 5/9 dans la presse que vous vous seriez "vexé" (dixit) du fait que le retour du DSK ait occulté vos pitreries universito-estivales à la sauce UMP.

C'est vraiment ballot (ndlr - pour vous).
C'est très fâcheux (ndlr - pour vous).

Vous réagissez de la sorte comme si vos facéties sarkozo-estivalo-umpistes devaient intéresser l'opinion... alors que personne n'a rien à cirer, de vos mises en scène estivalo-Marseillaises en Sarkozie (...)

Et surtout : il est assez croustillant de vous voir vous en prendre (une fois de plus) à la presse, aux médias et aux journaleux. Quant c'est vous ou le Gesticulateur de l'Elysée qui êtes sous les feux de la rampe, alors ça vous convient toutafé et "tout le monde il est beau tout le monde il est content'.

Mais quand quelqu'un d'autre occulte un truc que vous vouliez faire passer pour un "event", alors là vous trouver la presse "dérisoire" (sic) et vous trouvez "les centaines de caméras"... "décalées". Pouf pouf pouf... on pouffe.

En réalité, c'est bien vous et certains de vos amis qui êtes "dérisoires" et "décalés" par rapport aux préoccupations des Français... Vous feriez mieux de vous pencher là-dessus, plutôt que de chercher à vous faire mousser et à vous masturber le neurone avec vos vitrines estivalo-estivales... dont tout le monde se contretape royalement !

Et puis bon, si ça vous frustre tant, Monsieur Copé : vous n'avez qu'à postuler au FMI puis partir pratiquer les chambres du Sofitel à Manhattan, la recette est tout simple...
Chiche ?

Bon courage, et grosses bises à vos jeunes guignols estivaliers de l'UMP, passés complètement inaperçus ce wikende, à votre grand dam et à notre grand soulagement !

Online sur http://humeurs-olivem.blogspot.com/2011/09/monsieur-cope-et-le-retour-du-satire-de.html

Olive M
---------------------------------------------------
http://humeurs-olivem.blogspot.com/

jeudi 1 septembre 2011

Copé, Estrosi, Pécresse et Cie nous font le coup de la "Théorie du Complot"...



Voici un message parachuté ce jour à l'UMP et aux dénommés Copé, Pécresse et autre Estrosi. ============================================>>

Cher Monsieur Copé,

C'est avec un certain amusement qu'on vous a vu et entendu dans les médias ironiser sur ce que vous osez qualifer de "boules puantes" et "d'opérations pré-électorales", au sujet des dernières péripéties de l'affaire Bétencourt qui vous inquiète tellement, vous et la sphère sarko-élyséeenne.

J'avoue que nous avons beaucoup ri en vous voyant nous faire (vous et vos collègues de l'UMP) le coup classique de "la Théorie du Complot".

Malheureusement, personne n'est dupe et la chose ne résiste guère à l'épreuve des faits :

1/ les livres émanant de la sphère journalistique sortent en continu durant n'importe quel quinquénat,

2/ en France il y a sans cesse des élections. Nous sommes donc par féfinition toujours en phase électorale ou pré-électorale,

3/ s'il faut faire en sorte qu'on ne se situe plus en phase électorale ou pré-électorale, alors les journalistes ne publieront plus aucun bouquin,

4/ les deux journalistes en question (du Monde) sont des journalistes dont la compétente est connue et reconnue. Le journal en question est lui-même réputé mondialement pour son sérieux. Et ces deux journaleux n'émargent pas spécialement chez les socialos.


Pour toutes ces raisons factuelles au demeurant assez triviales, vos tentatives délirantes et besogneuses (à vous et à vos amis) pour nous faire le coup de la "Théorie du Complot" sont donc risibles, grotesques et assez pathétiques.


Au mieux cela montre à quel point la droite est gênée aux entournures avec cette histoire Betencourt. Et pour cause : l'UMP et la Sarkozie n'ont rien de tangible ni pour se justifier, ni pour se dédouaner, ni pour faire face. Il en est d'ailleurs de même pour "l'affaire karachi-dans-la-colle". Alors le pouvoir exécutif marionnettise l'appareil judiciaire par tous les moyens possibles et imaginables, profitant des tares de ce système judiciaire pour lequel aucun indépendance n'est garantie, en réalité.

Vous qui prétendez pouvoir vous interrogez et dispenser de bonnes leçons sur le rôle et les méthodes de la presse, vous devriez d'abord vous pencher sur le rôle joué depuis quelques années par le Figaro (le Bigaro, "La Voie de son Maître"), dès qu'il s'agit, par exemple, de servir de relais de diffusion des fuites orchestrées auprès des Préfets de Police à la botte de l'Elysée (lors de l'audition de témoins dans certaines affaires gênantes ou "croustillantes")... et savemment instrumentalisées en Sarkozie.

On le savait déjà depuis plusieurs années : la France est devenue une "république" bananière : collusions affaires privées/affaires publiques ; collusions affaires finance/affaires d'état; zéro respect du principe très théorique d'indépendance des pouvoirs.

Rien que ça, c'est une bonne raison de souhaiter ardemment que la Sarkozie l'ait dans l'os en 2012...
Juste un avis.

Olive M,
Citoyen Démocrate Lambda









mercredi 31 août 2011

Bettencourt: l'Elysée en travers de la justice



Quand la raison d'Etat ou plutôt les pressions du pouvoir empêchent le déroulement normal de la justice...

- pressions par la peur sur les témoins gênants (lesquels refusent finalement de témoigner) : ex-comptable de la vieille peau Bettencourt, infirmière de la vieille peau Bettencourt, chauffeur de la vieille peau Bettencourt, etc. De préférence par l'intermédiaire des services de police....

- pressions par le déssaisissement des juges (ici Isabelle Prévost-Desprez)

- marionnettisation de l'appareil judiciaire (ingérence dans le travail des Juges et mise aux ordres de certains procureurs), ce qui s'apparente à un véritable coup d'Etat judiciaire

- il est clair que Mme Isabelle Prévost-Desprez n' aucune raison d'inventer ce qu'elle relate dans ce livre récent "Sarko m'a tuer" : ce sont des choses qui ne s'inventent pas, tout simplement.

- ces manoeuvres conduisent au final l'appareil judiciaire à faire l'impasse sur certains éléments matériels pourtant bien tangibles : carnets de note de la secrétaire de la vieille peau Bettencourt, carnets du photographe François-Marie Banier,

- ces manoeuvres font suite à d'autres nombreuses manoeuvres du même type (affaire Woerth, affaire Karachi, etc...). Même certaines procédures préliminaires du procureur Courroye, soumis au pouvoir et ami de Sarkozy, ont depuis été cassées (...). Tout cela pose avec acuité le problème de l'indépendance des pouvoirs (exécutif, judiciaires) : clairement, notre système judiciaire est mal conçu puisque le pouvoir excutif peut s'immiscer dans les procédures en cours...

- tout cela s'accompagne de manoeuvres du pouvoir politique visant à décrédibiliser et intimider la presse "qui dérange". Typiquement Mediapart :
a/ victime d'un cambriolage, de vol d'oridinateurs et d'enregistrements réalisés chez la Bettencourt...
b/ qualifié de "fasciste" par le secrétaire en chef de l'UMP (X.Bertrand) : à ce sujet, il faut savoir que Monsieur X.Bertand vient d'être mis en examen suite à la plainte déposée à l'époque par Mediapart (...)
c/ écoutes téléphoniques et surveillance illégale de certains journalistes du Point, du Monde et de Mediapart (entre autres) - sur ordre direct du secrétaire général de l'Elysée de l'époque, le dénommé Claude Guéant. A ce sujet il faut savoir que Claude Guéant a discrètement retiré au printemps la plainte qu'il avait déposé pour prétendue "diffamation" contre Mediapart. Comme de "juste" (...)

Cette situation se conjugue depuis 2007 au plus haut niveau avec ce que tout le monde appelle désormais (y compris dans la presse étrangère) "le système Sarkozy", qui consiste notamment en un doux mélange des affaires privées et des affaires publiques (encore que les méthodes "Sarkozy" ne datent pas d'aujourd'hui, elles sont à l'ouvre depuis 20 ans dans le 92 et à Neuilly - NDLR). Doux mélange dont les nominations Elyséennes à la sauce "Fait du prince" sont la meilleure illustration (dernier exemple en date : le tout récent débarquement de D.Paillé au profit de l'ami sarkozien Arno Karsfeld). Et doux mélange dont l'affaire "EPAD / filston-à-papa Jean Sarkozy" est l'emblématique illustration.

Ironie de l'histoire et cerise sur le gâteau : ça tombe pile poil le jour ou le sieur Chatel Luc prétend devoir (pouvoir ?) restaurer la "morale" à l'école. On va donc probablement apprendre aux enfants qu'il n'est pas très "moral" de récolter de grosses enveloppes d'argent chez une vieille dame richissime et à moitié sénile... pour alimenter une campagne électorale. Croquignol.

En réalité, ces dernières péripéties ne font que confirmer le secret de Polichinel que tout le monde connaissait déjà : à savoir que ~tout le monde défilait (à droite) chez la vieille pour récolter son enveloppe (...)

Pour en savoir plus, voir ce lien : http://www.mediapart.fr/journal/france/310811/bettencourt-lelysee-en-travers-de-la-justice

Olive M

mardi 30 août 2011

350.000 pauvres de plus en France de 2008 à 2011

L'INSEE avait déjà défrayé la chronique et agacé nos gouvernants en publiant en mars 2010 (juste avant les élections Régionales) un rapport sur l'évolution des inégalités en France de 2004 à 2007.

Voici la toute dernière mouture ©INSEE 2011 en la matière, sous la forme de numéro 1365 d'INSEE PREMIERE.
A téléchargér gratos via http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=0&ref_id=ip1365

De 2002 à 2009, le niveau médian (*) du revenu des ménages a cru en moyenne de +1,5% l'an (+0,5% en moyenne par an de 2007 à 2009) contre +1,9% l'an de 1996 à 2002.
Ce constat résume à lui seul la tendance observée depuis que la Sarkozie est aux affaires. Une Sarkozie dont l'un des slogans publicitaires était pourtant en 2007 : "Travailler plus pour gagner plus" (sic).

En clair : seuls certains des plus riches ont gagné plus, sans qu'on sache bien s'ils ont "travaillé plus", du reste.

Sans surprise : ce sont d'abord les revenus les plus modestes qui trinquent, et ils trinquent de plus en plus. Alors que les revenus moyens des 50% de ménages les plus riches continuent d'augmenter de 2007 à 2009 (et plus encore ceux des 10% les plus riches), les revenus moyens des 50% de ménages les plus pauvres diminuent (et plus encore ceux des 10% les plus pauvres). Plus l'on se polarise sur les ménages les plus pauvres, plus la tendance est nette en terme de baisse du revenu moyen. A contrario, plus l'on va vers les ménages les plus riches, plus la tendance est nette en terme de hausse du revenu moyen.

Résultat/1 : le degré d’inégalité de la distribution des revenus était resté stable de 1996 à 2002 : il est à la hausse sur la période 2002-2009.

Résultat/2 : la population située en-dessous du seuil de pauvreté (**) augmente de presque +350.000 personnes sur les 3 dernières années étudiées, et l'intensité de la pauvreté augmente (ndlr : ce sont les plus pauvres parmi les pauvres qui deviennent encore plus pauvres).

Ces tendances ne sont que partiellement liées à la "crise" de 2007, puisqu'elles étaient déjà présentes depuis 2002, et particulièrement de 2004 à 2007. Elles restent en revanche liées au chômage et vont en s'accentuant. Or si l'on prend en compte l'ensemble des catégories de demandeurs d'emplois, le nombre de ces demandeurs d'emploi a cru de +3% l'an de 2007 à 2010, pour culminer désormais à 4,7 millions de chômeurs au sens parfois qualifié de "large". En vue de "travailler plus pour gagner plus", il aurait fallu commencer par pouvoir "travailler plus". On voit bien que ça n'est pas le cas.

Enfin, ces dernières tendances sont à rapprocher de ce double constat fait lui aussi par l'INSEE en mars 2010 sur la période 2004-2007 : stagnation (inégalitaire) des revenus moyens du travail d'un côté, et explosion (là aussi inégalitaire) des revenus du patrimoine de l'autre. En bon Français : ceux qui "gagnent de plus en plus" sont ceux qui sont déjà les plus riches et qui détiennent déjà le plus de patrimoine.

Etonnant, non ?
Olive M

(*) 50% des ménages gagnent moins que ces revenus médians et 50% gagnent plus
(**) défini classiquement comme correspondant à 60% du revenu médian

samedi 6 août 2011

La musique qui marche au pas, cela ne me regarde pas...




Les propos de Mme Joly sur le défilé militaire du 14 juillet ont provoqué un joli patacaisse et engendré un petit psychodrame au sein de la classe politique (ou politicienne) hexagonale.
La chose est hautement révélatrice.
Même le PS est "embarrassé". Même la Ségo a estimé que "ce serait une très mauvaise idée que de remettre en cause nos traditions". Au nom de quel principe, hormis celui de l'entêtement ? On ne sait pas...

En fait, pour la circonstance, c'est toute la La France "saucisson-pinard" qui saute sur Eva Joly à bras raccourcis. Et pourtant, Eva Joly a simplement dit : "J’ai envie de remplacer un défilé militaire par un défilé citoyen". Un véritable crime de lèse-majesté, à en juger le tolé exacerbé émanant du microcosme politicard. Et pourtant, ces propos n'ont rien de franchement excentrique ni rien de franchement extraordinaire !

Le Fillon va même s'abaisser jusqu'à attaquer Eva Joly sur sa double nationalité. Racler les fonds de tiroir de la droite de la droite conduit ces gens-là à tout oser, même ce qui est indigne d'un premier ministre ou d'un président de la république. C'est décidément l'obsession du Front National qui joue à plein.

Et le Fillon de rajouter cette couche-là : "Je pense que cette dame n'a pas une culture très ancienne de la tradition française, de l'histoire française et des valeurs françaises".
Du Grand Art...

Ces seuls propos symbolisent la dérive d'une droite à bout de souffle, dont le seul ressort semble être l'escalade xénophobe. Dans la foulée, à Libreville au Gabon, le Fillon se félicite pourtant de "la polémique" créée par ses propos selon Le Figaro.fr. Car c'est comme ça, dans la France de 2011 : un premier ministre se "félicite" d'avoir généré une polémique un peu brunâtre sur le terrain de la double nationalité, en clair et en filigrane sur le terrain de la xénophobie...


Ce n'est pas parce qu'on stigmatise un défilé militaire qu'on stigmatise la fête nationale.
Une nation ne se réduit ni à ses militaires, ni à ses exploits militaires passés, ni à ses prétendus "exploits militaires actuels", ni à ses défilés militaires.

Il est temps de remettre les militaires à leur juste place et de faire en sorte qu'ils cessent de s'approprier ce que l'on appelle la "Fête Nationale". Il n'y a aucune raison, ni aucune raison historique pour ça. Les bidasses ne sont ni plus "nationaux" ni plus "républicains" que le quidam républicain lambda. Ils doivent certes prendre place à un défilé national, mais il n'y aucune raison qu'ils restent en situation de monopole pour ça.

Non, ce n'est pas en étant militaire et exclusivement militaire que le défilé national est le plus "républicain". La France est d'ailleurs la seule nation en Europe à procéder de la sorte. Il ne suffit donc évidemment pas de se carapater derrière le mot "tradition" comme le fait le Fillon en compagnie de ses acolytes droitiers de l'UMP. La "tradition" en tant que telle ne justifie rien. Ce n'est pas parce qu'une ineptie est "traditionnelle" et dure depuis des lustres qu'elle doit forcément perdurer ad vitaem eternam.

S'il faut parler de "tradition", alors on peut noter que le fait de faire défiler ses militaires le jour de la Fête Nationale est en fait l'apanage des régimes... totalitaires.
Nos aimables gouvernants ainsi que nos aimables postulants au pouvoir seraient bien inspirés de cogiter d'abord là-dessus, en vérité.

Quant à la dénommée Joly : elle ne m'est pas extraordainrement sympathique à priori. Mais en mettant les pieds dans le plat sur ce terrain, j'avoue que sa cote personnelle remonte à mes yeux. Il est possible que je finisse quand même par voter pour les Verts au premier tour 2012...

C'est Brassens qui disait dans l'une de ses chansons :
"Le jour du 14 juillet,
Je reste dans mon lit douillet.
La musique qui marche au pas,
Cela ne me regarde pas".

Gageons que ces paroles interpellent et font sourire plus d'un Français. Un véritable défilé républicain, ce serait un défilé pour les classes vives de la Nation. Il n'est vraiment pas évident que les bidasses constituent une classe "plus vive" de la Nation que n'importe quelle autre classe de la dite population. Ce n'est pas verser dans un anti-militarisme béat que de dire cela.

A titre purement personnel, je pense qu'il faut être un sacré blaireau pour assister à ce genre de parade bidassière sur les Champs Elysées.

A l'origine, la révolution Française est républicain et révolutionnaire. Je ne vois donc vraiment pas pourquoi j'irais voir défiler des bidasses je jour du 14 juillet, et ce n'est même pas leur faire insulte que de dire ça.

Olive M

jeudi 7 juillet 2011

Les échecs "sécuritaires" de Monsieur "Sécurité"...

La politique sécuritaire de Sarko épinglée par la Cour des Comptes...

Depuis qu'il est passé Place Beauvau en 2002, le Sarko de choc aime à se faire passer pour le chantre et le garant de notre sécurité et de la politique "sécuritaire".
C'est son fond de commerce, ce devrait être sa marque de fabrique (....)
Et c'est
là-dessus qu'il avait basé sa campagne présidentielle de 2006/2007 !

Las...
la réalité est tout autre, en tous cas si l'on se penche sur les faits, sur la conjoncture de moyen terme en termes de chiffres sur la délinquance et si l'on pointe du doigts de façon circonstanciée les moyens mis en oeuvre et les modalités de cette mise en oeuvre.

Comme quoi ce n'est pas forcément ceux qui en parlent le plus qui en font le plus !

Le récent rapport de la Cour des Comptes est là pour nous le rappeler avec acuité. Un rapport qui, parait-il, a rendu littéralement furibard notre ministre de l'Intérieur, le distingué Guéant.

Question : cet âne ambulant aura-t-il décrypté ce rapport de manière aussi ahurissante qu'il décrypta récemment une enquête de l'INSEE en matière de taux d'échec des enfants d'immigrés en matière de scolarisation ????

Morceaux choisis, tirés de Mediapart :
==============>>>

Dans un rapport sur la gestion des forces de sécurité, qui a rendu Claude Guéant furieux, la Cour des comptes dresse de fait un bilan de la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy depuis 2002. Pilotage par les chiffres, hausse des violences aux personnes, absence d'évaluation de la vidéosurveillance, errances dans la lutte contre le trafic de stupéfiants, manque de présence sur la voie publique, disparités régionales : le constat est rude.

Pour en savoir plus, voir ce lien ==> http://www.mediapart.fr/journal/france/070711/la-cour-des-comptes-etrille-la-politique-securitaire-de-sarkozy

Le rapport complet de la Cour des Comptes peut être téléchargé ici ==> http://www.mediapart.fr/files/ccpolice.pdf

On peut citer quand même quelques morceaux "choisis" :

==== 1 =============
La hausse des violences aux personnes


«L'évolution de la délinquance ne peut être résumée par un seul indicateur global donnant le même poids aux délits mineurs et aux crimes», rappelle la Cour des comptes. Or la communication gouvernementale continue de s'appuyer sur ce chiffre, qui agrège l'ensemble des infractions constatées par les services de police et gendarmerie.
Ainsi le 20 janvier 2011, Brice Hortefeux affirmait que «la délinquance a diminué de plus de 2% en 2010. Pour la huitième année consécutive, l'insécurité recule en France.» Non seulement l'usage de ce chiffre est, selon les rapporteurs une «simplification grossière» , mais cette baisse depuis 2002 serait en grande partie expliqué par le «recul spectaculaire» de deux grandes catégories d'infractions, les vols liés à l'automobile et les destructions et dégradations de biens privés (-378.000 faits au total en zone police entre 2002 et 2009).

Cette évolution est due «principalement à l'amélioration par les constructeurs automobiles des dispositifs techniques de protection contre les vols et les effractions, et au renforcement des dispositifs de protection des espaces publics et privés (parkings, gares, etc.)». Une partie croissante des actes de vandalisme se serait également «traduite non par le dépôt d’une plainte par les victimes, mais par l’enregistrement d’une simple contravention» non comptabilisée dans le chiffre gobal de la délinquance constatée par les services.

Et la Cour remarque que «sur la même période (2002-2009), les atteintes à l'intégrité physique des personnes (AVIP) ont, elles, connu une hausse de 20 %, soit 44.000 faits supplémentaires.» Cette augmentation est liée «aux violences physiques non crapuleuses telles que les coups et blessures volontaires en augmentation de 51 %, les menaces ou chantages dans d'autres buts que l'extorsion de fonds, les atteintes à la dignité et les violences intrafamiliales».

==== 2 =============
Une lutte contre les stupéfiants concentrée sur les consommateurs


«Nous avons donc lancé une offensive résolue, contre les grands trafics mais aussi contre le deal de proximité», se réjouissait en janvier 2011 Brice Hortefeux. Bien, mais trop tard, répond en substance la Cour des comptes qui note que, jusqu'en 2010, la lutte contre le trafic de stupéfiants ne figurait pas parmi les objectifs prioritaires de la direction centrale de la sécurité publique (DCSP) alors qu' il «paraît pourtant acquis de longue date qu'il alimente diverses formes de délinquance, notamment dans les quartiers réputés sensibles.» Entre 2002 et 2009, l'action des policiers et gendarmes a «été orientée principalement vers l'interpellation des consommateurs sans amélioration significative des résultats en matière de revente ou de trafics».

Ainsi, sur cette période, la constatation des infractions à la législation sur les stupéfiants par les services de DSCP a connu une progression de 76 % pour l'usage simple, 30 % pour l'usage avec revente et seulement 8 % pour le trafic.

Selon le rapport, la lutte contre le trafic de stupéfiants joue le rôle de «variable d'ajustement pour rehausser le taux moyen d'élucidation». En effet en matière de consommation de stupéfiant, la constatation de l'infraction est synonyme de l'interpellation des personnes mis en cause, ce qui offre un taux d'élucidation systématique de 100%.
(...)
La politique de lutte contre le trafic de stupéfiant est donc pour, la Cour des comptes, la parfaite illustration d'un «pilotage statistique».

==== 3 =============
Manque de présence sur la voie publique et manque de moyens mis en oeuvre


Dans un premier temps, suite du vote de la loi d'orientation de la sécurité intérieure du 29 août 2002, dite LOPSI, les effectifs de policiers et gendarmes, ont fortement augmenté, principalement en région parisienne. Mais, du fait de la RGPP, ils décroissent depuis 2009 et, selon les rapporteurs, dès 2011, le nombre des policiers affectés dans les services de sécurité publique sera revenu à son niveau de 2002.

Mais surtout, beaucoup de policiers restent affectés à des tâches administratives ou annexes (escortes de détenus, garde de bâtiments, garde de détenus hospitalisés, etc.), limitant de fait leur présence sur la voie publique. En moyenne, le taux d'occupation de la voie publique (pourcentage de l'effectif de policiers occupés à un moment donné par ce type d'activités) était de 5,5 % en 2009.

Depuis 2009, la réduction des crédits de fonctionnement se fait sur «les moyens nécessaires à l'activité opérationnelle (matériels de protection et d'intervention), aux enquêtes judiciaires (matériels d'analyse et de détection pour la police technique et scientifique), ou au renouvellement des équipements informatiques et à la maintenance des locaux (...) sans évaluation de l'impact sur les capacités d'intervention des unités.»
Même les achats de fournitures pour la police technique et scientifique (PTS) ont baissé de 4,2 millions d'euros à 3,6 millions d'euros, entre 2008 et 2010 «en contradiction avec la priorité ministérielle affichée en faveur de la PTS», soulignent les rapporteurs.

==== 4 =============
On ne met pas le plus de moyens là où il en faudrait le plus...


La répartition géographique des policiers n'est pas réellement corrélée avec la taille de la population et l'importance de la délinquance constatée. Ainsi malgré un taux de délinquance nettement plus élevé, les villes de Nice et Marseille ont une densité de policiers à peine supérieures à celles de Lille, Toulouse, Rouen, Toulon, Bordeaux, Montpellier, Strasbourg et Lyon. «Ces disparités sont susceptibles de compromettre l'égalité de traitement des citoyens au regard de leur droit à la sécurité», estiment les magistrats.

NDLR : il faut par exemple savoir qu'il y a plus de flics par habitant dans les beaux arrondissements de Paris et dans le 92 (notamment sur Neuilly/Seine, SarkoLand historique) que dans des zones comme le 93 ou certaines autres zones dites "sensibles" du 91 ou du 94...

==== 5 =============
Une vidéosurveillance coûteuse... pour une efficacité peu connue et des moyens lacunaires

Le président de la République demandait, en 2009, de tripler le nombre de caméras de vidéosurveillance, de 20.000 à 60.000 sur le territoire. C'est mal parti, car la Cour n'a, elle, compté que 10.000 caméras sur la voie publique en 2010.

Elle s'inquiète du coût du programme, estimant à 300 millions d'euros l'investissement nécessaire (pris en charge à hauteur de 40% par l'Etat), auxquels il faudrait ajouter 300 millions d'euros de dépenses de fonctionnement par an, reposant directement sur le budget des collectivités locales. «Soit l’équivalent de la rémunération d’un tiers (6.500 policiers municipaux) des effectifs actuels des polices municipales», comparent les rapporteurs.

La Cour des Compte dit aussi : «la France se caractérise par la quasi-absence d' enquête scientifique sur l'efficacité de la vidéosurveillance»...

Par ailleurs la Cour s'inquiète d'un certain laxisme du côté de préfets, chargés d'autoriser l'installation de systèmes de vidéosurveillance sur la voie publique, et de l'absence de contrôle a posteriori des commissions départementales de vidéoprotection. En 2009, par exemple, le préfet des Alpes-Maritimes a signé 35 arrêtés de création ou d'extension de systèmes de vidéosurveillance des espaces publics par des
communes, «quasiment tous établis selon le même modèle» et sans aucun refus, sans se soucier de la qualité des personnes chargées d'exploiter les systèmes ou de visionner les images.

La Cour souligne justement «la faible professionnalisation» de ces agents communaux qui ne sont pour la plupart pas assermentés, et n'ont souvent pas reçu de formation spécifique sur les obligations déontologiques liées à leur fonction.

Là encore, l'implantation est très inégale, la région PACA possédant, par exemple, en zone police «davantage de caméras installées sur la voie publique que les départements de la grande couronne parisienne.» «Le recours croissant à la vidéosuveillance de la voie publique ne peut se substituer à l'action des forces de sécurité étatique», conclue la Cour .

Excusez du peu.


On comprend que le Guéant soit "furibard" quand il lit ça...

La réaction de certaines flèches de l'UMP au sujet de ce rapport de la Cour des Comptes est d'ailleurs symptomatique, qui n'hésitent pas à tenter de jeter l'opprobe sur la dite Cour des Comptes. Il en est ainsi par exemple du crâne d'oeuf sécuritaire de la Côté d'azur, le dénommé Ciotti, qui prend également une bonne giffle sur ce coup-là, en dépit de ses rodomontades épisodiques. La remarque vaut aussi pour le sieur Guéant en personne : voir un ministre d'état remettre en cause la fonction de la Cour des Comptes sous prétexte que l'un de ses rapports ne lui "convient pas" est quand même assez "curieux".

Question : après 9 ou 10 ans d'échec en la matière, Sarko est-il toujours en mesure d'assoir sa campagne 2012 sur le thème récurrent de la "Sécurité" ???

a+
olive m